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Troy Henriksen

Art Rock : Troy Henriksen, pêcheur du Massachusetts devenu peintre à Paris
Quinze ans marin-pêcheur dans le Massachusetts, l’Américain d’origine norvégienne Troy Henriksen est devenu un peintre et plasticien à la cote ascensionnelle, dont la première rétrospective est présentée ce week-end dans le cadre du festival Art Rock à Saint-Brieuc.
Vives, colorées, pleines de clins d’oeil et d’interrogations, d’émotions et d’humanité, de détails qu’on ne discerne qu’au deuxième ou au troisième regard, ses toiles comme ses collages sont à l’image du personnage : alerte et spontané au premier abord, complexe et habité par la poésie au second. Ni abstrait, ni figuratif, ni vraiment naïf. En un mot, inclassable.
Troy Henriksen est né il y a 48 ans à New Bedford (Massachusetts) de parents norvégiens partis, au début des années 50, vivre “le rêve américain”. Pendant longtemps, et sans doute encore un peu, lui s’est persuadé d’avoir été Arthur Rimbaud dans une vie antérieure. C’est pourquoi, parfois, il signe des autoportraits où il apparaît sous les traits du poète. La part de rêve dans la dure réalité du pêcheur.
“J’ai quitté l’école à 15 ans pour travailler avec mon père sur son bateau. A 21 ans, j’ai arrêté l’alcool et la drogue. Mais vers 26 ans, je suis devenu extrêmement déprimé, je pensais même au suicide”, confie cet homme mince à l’allure juvénile et au sourire avenant. “Et je me suis souvenu des deux choses que je voulais quand j’étais enfant : être artiste et pêcheur. A ce moment-là, tous les désirs que j’avais eus de créer me sont revenus. La peinture m’a sauvé!”.
Pendant deux ans encore, Troy continue la pêche avant d’arrêter tout et de partir pour Boston. “J’ai commencé à me former, à étudier l’art, à ne plus faire que peindre”. A vendre un peu. A troquer plutôt. A exposer parfois. Puis un jour, j’ai décidé de venir à Paris avec un aller simple”. C’était en 1998.
Là, Troy Henriksen peint dans la rue, sur les quais de la Seine. Rapidement, une rencontre s’avère déterminante, celle d’Eric Landau, directeur de la galerie W à Montmartre. “Il a commencé à exposer mes tableaux, à fêter mon travail avec des amis, de la musique (…) La galerie W m’a permis de grandir”, assure le peintre aux yeux bleus.
“C’est un vrai artiste qui pense la vie et interprète, travaille beaucoup avec son coeur, qui se sent concerné par l’actualité”, dit de lui son ami galeriste. Pour preuve, cet hommage à un sauveteur du 11-septembre ou ces inspecteurs de l’ONU à la recherche d’armes de destruction massive en Irak.
Avec tous les démons qu’il lui a fallu exorciser, sa peinture aurait pu être sombre et grise. Elle est tout le contraire, pleine de lumière. “Pour moi, être artiste, c’est avoir la capacité de transformer les problèmes en beauté, d’encourager l’espoir, de convaincre du possible, d’inciter à aller vers l’autre”, explique encore Troy Henriksen.
Ses oeuvres ont séduit des artistes comme Arthur H ou Gad Elmaleh et, affirme Eric Landau, “se retrouvent très peu sur le deuxième marché (ndlr, revente)” car les acheteurs les conservent ou les transmettent.
Provenant majoritairement de collections privées, une cinquantaine d’entre elles -tableaux, dessins, collages, altuglas-, sont exposées sur 1.000 m2 dans le cadre de ce festival pluridisciplinaire qui marie musique, vidéo, arts numériques ou danse. Avant de faire “d’ici un an ou deux”, espère Eric Landau, le voyage à Boston.
Exposition Troy Henriksen – ancien Monoprix, Saint-Brieuc – jusqu’au 20 juin.
© AFP

Posted by 20PH

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